La
commune, d’une superficie de 573 hectares, est située à 6 km d’Aire-sur-la-Lys
et à 15 km de Saint-Omer. Roquetoire partage sa frontière avec Quiestède à l’est,
Racquinghem au nord, Wittes à l’est et Aire-sur-la-Lys au sud.
Le village compte 9 hameaux :
- La Farnière ou LA Farinière (plaine cultivée)
- Warnes vient du mot « war » qui signifie étang, marais
- La Vallée - Le Boguet (petit bois)
- Lignes du latin lignum qui fait référence à un pays boisé
- Cochendal (désigne un vallon ou la voie romaine allant de Thérouanne à Cassel)
- La Morande signifie le repos
- Camberny vient du latin campus, désigne le champ attenant au pont Berny situé sur
la Melde
- Blanc Pignon.
L'histoire de la commune
On
prête deux significations quant à l’origine du mot « Roquetoire ». En
effet, soit son nom vient du germain roquetum signifiant vêtement supérieur
en lin car la terre de Roquetoire était très renommée par la qualité du
lin qui y poussait, soit le nom vient du celte rock (=rocher) et du latin
stare
(= se
tenir).
En 1180, la province d’Artois dont dépend Roquetoire est rattachée à la France
par Philippe – Auguste. De nouveaux combats marquent le XIIIe siècle. La Flandre
se révolte contre la France.
Au XVe siècle, la paix est rétablie et permet au domaine de la Morinie de s’étendre
avec prospérité. Mais cette période de richesse est de courte durée. Le village
de Roquetoire est sérieusement touché durant les combats qui se déclenchent à nouveau
(pillages, destructions, incendies).
En 1479, la guerre éclate entre l’Allemagne et la France, Thérouanne est assiégé.
Sous Louis XIII, le conflit reprend entre les Espagnols et les Français. Le
gouverneur fait brûler les maisons et inonde le pays pour empêcher la progression
de l’ennemi mais cela engendre de nombreuse pertes et destructions pour
les habitants de Roquetoire.
En 1710, le village n’est pas non plus épargné par le siège d’Aire. Il devient
définitivement français grâce au traitéd’Utrecht signé en 1713.
Aujourd’hui, Roquetoire compte 1670 habitants.
Le
patrimoine naturel
Fêtes
et traditions
Les
Monuments
L’église Saint Michel
L’église date de 1868, elle remplace l’édifice primitif de style roman. La nouvelle église a été entièrement reconstruite par les habitants selon la volonté du curé. En effet, bon nombre d’entre eux souhaitaient à cette époque rebâtir leur église selon le style néogothique plus en vogue à ce moment-là.
Depuis
l’époque de Saint Louis, Roquetoire est placé sous le patronage de saint
Michel qui fit jaillir une source durant une période de grande sécheresse.
La fontaine Saint – Michel existe toujours et n’a jamais tari.
Les principaux matériaux employés sont la brique et la pierre blanche. La tour
carrée, en brique, est couronnée d’une balustrade et de quatre grands clochetons
en pierre.
Le blockhaus (rue du moulin)
Ce bunker servait de poste de téléguidage de V2 durant la Seconde Guerre mondiale.
Il fut mis en service dès 1943. Roquetoire n’a pas été choisi au hasard. En
effet, si l’on trace une ligne entre Roquetoire et le Cap Gris-Nez puis une
autre vers le Cap Blanc-Nez et si on les prolonge jusqu’en Angleterre, elles
encerclent Londres, d’où le choix stratégique des Allemands de s’installer
ici.
Le
bunker est assez impressionnant de par ses dimensions : 35 m de long et
22 m de large. Son nom de code était « Umspannwerk C », ce qui signifie
lieu de transformation. La base de lancement travaillait en étroite collaboration
avec celle de Wizernes (lieu d’implantation de la Coupole d’Helfaut).
Le bunker pouvait contenir des véhicules et tous les équipements nécessaires à la
survie. Il comptait trois portes plus celle laissant passer les camions. Tout
le matériel fut découvert et emporté par les autorités françaises en janvier
1946.
Le château de la Morande
Il a été élevé par le marquis de Lully au début du XVIIIe siècle puis acquis
par Guillaume Marcotte, écuyer et secrétaire du roi qui prit le nom de seigneur
de Roquetoire. Ce sont toujours ses descendants qui en sont les propriétaires.
Peu habité à partir de 1890, le château fut occupé par un état-major portugais
puis loué à la baronne Dard dans les années 20. Endommagé par les pillages
et les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le château reçut quelques
réparations en 1950 (le gros-œuvre uniquement).
Depuis plusieurs années, le descendant M. Seydoux a entrepris des travaux de
restauration. A ce propos, le château a subi une transformation plutôt insolite.
En effet, en 1840, les propriétaires avaient voulu ajouter un deuxième étage
tout en conservant le toit d’origine mais l’équilibre général était par conséquent
rompu. C’est pourquoi les descendants choisirent de revenir à la situation
initiale en supprimant cet étage. Pour ce faire, une entreprise d’Isbergues,
sous la direction d’un architecte de Saint-Omer, a mis en place un système
de vérins qui soutenaient le toit et on a pu ainsi enlever progressivement
les parties de l’étage et faire descendre la charpente à son niveau d’origine.
Le matériau principal utilisé pour construire le château est la pierre blanche.
A noter : les façades, la toiture ainsi que 3 pièces du château sont inscrites à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques.